Tiens nous sommes déjà en octobre et je repense au bilan d’une saison truite maintenant passée!

Cette saison a été un peu particulière avec de très forts niveau d’eau en début de saison jusqu’en mai, puis un étiage fort dans toute la partie estivale. Il a donc, comme toujours, bien s’adapter aux conditions pour sortir son épingle du jeu. Mais c’est aussi ça qui est intéressant à la pêche et surtout en rivière pour nos truites favorites !

Je considère toujours cette pêche comme une traque incessante d’un poisson méfiant. L’on a beau savoir qu’il est présent sur tel ou tel parcours, à des endroits très précis et l’on reste avec cette même question… « Comment faire dans ces conditions pour réussir à en voir le bout de leur nez? »

Par chance, mon début de saison fût excellent ! Même si les débits ont demandé beaucoup d’application et de pertes de leurres, les sorties ont été fructueuses en jolis poissons. Il a fallu maîtriser parfaitement des dérives dans le creux de la rivière avec des leurres très denses ou insister en profondeur à la limite de gros obstacles. Un mot d’ordre était de mise… Insister ! Il a fallu prendre son mal en patience en passant une multitude de fois au même endroit (celui que l’on pense le plus propice) afin de faire sortir ces dames. Peu de linéaire parcouru par sortie pour venir chercher de beaux spécimens qui nécessitaient précision et touché!

Mon leurre du début de saison a été incontestablement le D-Contact 72 #WH et #33

Un tank de début de saison dans une petite rivière haut-marnaise qui se sera laissée séduire par un D Contact 72

Et pour les moyennes rivières et la D-SLine #05 pour les plus petites rivières.

Souvent oubliée des pêcheurs de truites, l’ondulante permet de planer en profondeur dans des débits soutenus… et d’être vu !

Cette période de pêche creuse que l’on pourrait définir de « à poncer » dans la même veine d’eau puissante pour réussir à déloger un poisson tapit derrière son rocher pour limiter ses déplacements dans le tumulte des eaux aura durer un bon gros mois avant d’arriver fin avril où on change du tout au tout !

Place aux twitching amples et à la prospection des radiers et des berges ! L’eau est encore bien présente et la puissance du débit nous fait comprendre que poser un pied dans l’eau pourrait nous jouer de mauvais tour. On ressort les D-Contact 72 et 63 pour des lancers 3/4 amont en pêchant canne haute pour appuyer l’effet du rolling à la retombée du leurre. Se fût une superbe période où les touches s’enchainent sur les secteurs et où les combats furent intenses !

Un magnifique bécard tout droit sorti de sa berge avec agressivité !

Les gros poissons sont bel et bien là, ils sont gras pour cette période avec les débits soutenus qui leur apportent tout un tas de nourriture et les vairons déjà bien présents. C’est l’occasion de se focaliser sur certains postes où les belles se mettent à l’abri en bord de berge. Cette technique paiera bon nombre de fois. Il n’aura pas été rare d’utiliser quelques poissons nageurs suspending pour les zones à courants plus calmes en bordure d’embâcles.

Un courant soutenu avec des berges caillouteuses forment souvent un abri sûr aux grosses truites. La preuve avec cette « noiraude » de 50+

Mai arrive enfin et les eaux commencent à baisser et s’éclaircir ! Les truites vont commencer à sérieusement bouger sur les radiers, vaironnées et s’étaler un peu sur la largeur du cours d’eau. On pourra aussi profiter de la période de mi-mai pour commencer à prospecter en wadding et à l’aide de l’indémodable D-Incite 53. Le leurre de prospection par excellence. A cette période les truites sont mobiles et agressives, elles n’hésitent guère de bouger de plusieurs mètres pour venir chercher une proie potentielles, alors profitons-en !

Quand j’utilise ce genre de poisson nageur, je n’hésite pas, comme je l’ai souvent dit, à twitcher par excès. Il faut que le leurre vacille sans cesse pour émettre le plus de flash possible. Le fait de twitcher fort, et surtout dans une pêche plein amont, permet un appui constant du leurre sur l’eau et donc une descente moins rapide vers nous. Nous pêchons plus longtemps sur une même distance et nous pêchons surtout continuellement entre 2 eaux sans jamais heurter le fond ! Les truites ont alors le temps de suivre et prendre avant d’être dans nos pieds.

La combo du « D-Incite / plein amont / twitch à s’en casse le poignée » reste, pour moi, le must de mi-mai à fin juin lorsque ces dames se gavent !

Un must pour faire bouger les poissons, le D-Incite se maîtrise encore mieux en TBFS

Puis cette année est vite arrivé l’été, ses chaleurs et son étiage radical. Mais ce n’est pas pour cela que l’on abandonne les berges de nos rivières bien au contraire ! L’eau est beaucoup plus basse dans la prospection beaucoup plus rapide ! Voyons le bon côté des choses. Il faudra cependant pêcher plus léger, améliorer ses lancers et poser ses leurres en toute discretion.

Pour cela un peu de Baitcasting Finess pour les poissons nageurs tels que l’AR-FS ou le D-Compact et du spinning pour les très fameuses Ar-S qu’on ne peut mettre de côté quand arrivent les beaux jours.

Le Baitcasting Finess permet vraiment de déposer son leurre tel une plume grâce au ralenti provoqué par le pouce sur la bobine. De plus, il permet d’agir immédiatement sur l’animation sans temps mort, extrêmement pratique par eaux basses.

Sortir de tels poissons sur la BeSticky 56ULC est juste un bonheur indescriptible

Revenons un peu sur l’animation des leurres durant cette période. Car c’est un facteur essentiel de réussite et la technique a bien changé depuis la folie de mai-juin. Les poissons nageurs très erratiques effraient nos amies pointées. Elles commencent à se méfier et à ressentir un certain stress quant à voir naviguer un virevoltant petit poisson.

Il faudra alors ruser de petits twitchs amples vers le haut en laissant retomber délicatement notre PN sur le fond afin de leur refaire décoller tel un poissonnet en toute fin de vie. Ceci sera valable pour une pêche en wadding et vers l’amont. Car pour la période estivale certains postes verrons alors une autre approche plus linéaire avec une prospection du bord, bien camouflé dans la végétation, à base de cuillère tournante afin de chercher l’extrême bordure en face et inciter les truites à en sortir par un ramener en arc de cercle.

Ou encore, avec l’utilisation de petit minnow comme les Jade ou Luna en Stop&Go ponctués de petits twitchs légers laissant ainsi le temps à dame fario de sortir de sa berge ou de sa cache pour venir frapper violemment le leurre !

Et pour les beaux spécimens planqués sous les frondaisons, le nouvel arrivant dans la gamme truite chez SMITH, le F-Select, aura su en faire bouger plus d’une ! Un leurre slow floating, bruiteur et léger qui permet d’arriver sur l’eau avec discrétion malgré ses 65mm. En le laissant dériver doucement vers les endroits très encombrés ses billes à la sonorité assez particulières sont souvent arrivées à déclencher des touches violentes de poissons bien à l’abri.

Poissons méfiants cachés sous les branches… Un F-Select provoque parfois des réactions étonnantes !

Dans l’ensemble la saison fût bonne, jamais bredouille en s’adaptant toujours aux conditions. Le début de saison, avec de très fortes quantités d’eau, aura permis d’affiner la technique et d’endurcir le mental ! Là où beaucoup n’y croyait pas avec des débits balayant rapidement un vairon ou une cuillère, les pêcheurs étaient découragés. Mais les belles truites étaient bel et bien présentes !

Quant à la fin de saison, les très fortes chaleurs et le manque de pluie ont assez vite calmé les ardeurs de chasseresse de dame fario. Il aura fallu la jouer fine et ne pas augmenter leur état de stress en jouant sur la légèreté et la discrétion pour les faire sortir de caches parfois déconcertantes ! Comme une 48cm sortie d’un trou de ragondin dans 20 cm d’eau… un souvenir de pêche marquant en guidage qui plus est.

Espérons que toutes ces belles truites retrouveront de l’eau cet hiver pour se reproduire du mieux possible afin de perdurer cette magnifique et fascinante espèce.

Soyons conscients du soucis des eaux en France et battons nous pour dénoncer les manquements et incivilités relevés sur l’usage de l’eau. N’hésitez pas à faire remonter les informations aux structures agissant pour le bien de cette ressource essentielle à la vie et à ses habitants quand vous constatez des anomalies afin d’avoir encore la chance de prendre nos jolis spécimens dans nos rivières pour les futures années.